
Nord Licht 80 x 80 cm
Nord Licht Toiles de 80 × 80 cm, 30 × 30 cm, 40 × 40 cm, 60 × 60 cm, 1 × 1 m sur châssis clouté, 1,6 × 1,6 m, 1,8 x 1,8 m et 2 × 2 m sur châssis aluminium entoilé de lin, réalisées à l’acrylique dans le cadre d’une recherche de couleurs lumineuses et éclatantes.
Technique au couteau, par superposition de couches extrêmement fines, sans empâtement. L’œuvre est construite à partir d’environ 100 à 300 couches successives qui se superposent pour créer profondeur, vibration et intensité lumineuse.
Elles sont toujours extrêmement fines, sans empâtement, et réalisées au petit couteau pour les diptyques de deux toiles de 1 m sur 1 m et des trois toiles de plus de 1,6 x 1,6 m il peut y avoir jusqu’à 1 000 couches de peinture.
Avec la série Nord Licht, Verena von Lichtenberg développe un langage pictural fondé sur la lumière, la profondeur et la structure de l’espace. Cette série constitue un moment fondateur de sa recherche, où la peinture devient un champ de perception entre matière, mémoire et paysage mental.
L’œuvre se construit par superpositions successives de couches extrêmement fines, appliquées au couteau, dans une logique de transparence et de vibration. L’espace n’y est jamais fixe : il se dilate, se contracte et se recompose au fil du regard, jusqu’à faire de l’horizon non plus une limite, mais un passage.
Dans les premières œuvres de la série, les aurores boréales vertes occupent une place dominante. Elles constituent la présence lumineuse principale, à la fois mouvante et poétique, structurant l’atmosphère générale de la composition.
En réponse à cette lumière verte, apparaissent des éléments rouges, issus de fragments de formes architecturales, de bâtiments ou de structures emblématiques ayant marqué l’artiste. Ces rouges introduisent une tension chromatique essentielle avec le vert des aurores boréales, créant un dialogue entre mémoire architecturale et phénomènes naturels.
Progressivement, cette construction évolue. Les éléments rouges s’estompent puis disparaissent presque entièrement. Les verts des aurores boréales deviennent à leur tour plus diffus, plus instables et plus immatériels, jusqu’à s’effacer progressivement.
Dans les dernières œuvres de la série, il n’y a plus ni rouge ni vert. Les aurores boréales se transforment en phénomènes lumineux blancs, noirs et gris, d’une extrême volatilité. La couleur disparaît au profit d’une lumière silencieuse, presque évanescente, où la matière picturale semble se dissoudre dans l’espace nordique.
Un élément déterminant dans la compréhension de cette série apparaît lors de l’exposition de 2016 au Musée Pompon de Saulieu, où l’artiste est invitée à inaugurer un nouvel espace muséal avec une exposition personnelle. Dans ce contexte architectural fort, la confrontation avec l’espace agit comme un révélateur.
Face aux volumes, aux lignes et à l’écriture du lieu, certaines structures internes du travail deviennent lisibles : le rapport entre verticalité et horizontalité, la place de l’horizon dans la composition, ainsi que l’équilibre des formats. L’artiste perçoit alors une organisation sous-jacente déjà présente dans ses toiles, sans qu’elle l’ait consciemment formulée auparavant.
Cette prise de conscience confirme une logique essentielle de Nord Licht : la peinture comme construction d’un espace mental, où l’architecture intérieure du regard organise la composition.
Ainsi, Nord Licht se présente comme une série de révélation progressive : ce qui était couleur devient structure, ce qui était paysage devient perception, et ce qui semblait extérieur devient espace mental.
Certains éléments liés à l’origine intime de cette série et à ses motivations profondes ne sont volontairement pas diffusés au public et font l’objet d’un échange réservé avec les collectionneurs